12 Avril 2024

MMX / MIRS : l'instrument français livré au Japon

Le modèle de vol de MIRS (MMX InfraRed Spectrometer) a officiellement été livré à l'agence spatiale japonaise, la JAXA, ce jeudi 4 avril 2024, en présence de représentants du CNES et du LESIA.

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L’équipe MMX / MIRS lors du passage de relai au Japon. De gauche à droite : Michel Le Du (CNES), Antonella Barucci (LESIA), Yasuhiro Kawakatsu (JAXA) et Jean-Michel Reess (LESIA). Crédits : ©JAXA


Suite à son départ pour le Japon le 21 mars dernier, le spectromètre imageur français de la mission japonaise MMX est bien arrivé au Japon. 

MIRS, petit instrument d'une dizaine de kilos seulement, est un véritable bijou de technologie mis au point en seulement 4 ans. 
Développé collectivement par le CNES, le LESIA, le LAB, le LATMOS, l'OMP et l'IRAP, il jouera un rôle majeur dans la mission MMX de la JAXA (l'agence spatiale japonaise).

Crédits : CNES - Mars 2024


Parmi une dizaine d’autres instruments scientifiques, MIRS sera intégré dans les prochaines semaines sur la plateforme de la mission MMX (Mars Moons eXploration) et rejoindra ainsi le rover IDEFIX®. Cette mission spatiale, dont le lancement est prévu en octobre 2026 vers le système martien, sera la première mission de retour d’échantillons du satellite Phobos, achevant le premier aller-retour entre la Terre et le système de la planète rouge.

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Modèle d'ingénierie de MIRS en juillet 2022. Crédits : © LESIA

MIRS - ci-dessus - est un spectromètre imageur proche-infrarouge qui sera installé sur le corps principal de la sonde MMX et dont le nom est un condensé de « MMX InfraRed Spectrometer ». Actif durant les phases d'observations en orbite autour de Mars, ainsi que lors des approches de ses lunes pour collecter les échantillons de la mission, l'instrument aura pour objectif d'identifier les minéraux présents à la surface de Phobos et de Deimos grâce à leur signature spectrale. Il collectera en effet la lumière réfléchie par la surface des satellites de Mars, et pourra déterminer leur nature selon les différentes longueurs d'onde absorbées.​​

Grâce à ses obervations, MIRS contribuera à la sélection des deux sites de collecte des échantillons sur la surface de Phobos avec une résolution inédite de quelques centimètres !

Au-delà de cet objectif, l'instrument français pourra également révéler la présence d'eau ou de matière organique, mais aussi observer l'apparition et l'évolution de tempêtes de poussière ou encore la présence de nuages.

MIRS en chiffres

→ Télécharger l'infographie au format .pdf (963.94 Ko)



L'équipe française de MIRS

Le CNES est maître d'ouvrage de l'instrument MIRS. Il participe activement au développement de l'instrument aux côtés du LESIA, grâce à son expertise notamment sur l'architecture optique, et assure l'approvisionnement du détecteur infrarouge couplé à une machine cryogénique et au mécanisme de scan de l'instrument - dont le design a été conçu au CNES. Le CNES fournit également un support en mécanique spatiale pour définir et optimiser les observations de MIRS tant sur Phobos que Deimos et Mars. Enfin le CNES prend en charge le développement du segment sol, des opérations, le LESIA étant en charge de l'exploitation des données scientifiques.

Au total, le développement de MIRS aura sollicité plus de 100 personnes, auxquelles il faut ajouter 40 scientifiques. Au CNES, une cinquantaine de personnes ont été impliquées dans ce projet.

La mission MMX

MMX, pour Martian Moon eXploration, est une mission de la JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency) qui vise à comprendre les origines des lunes martiennes. MMX décollera en octobre 2026 vers le système martien pour y réaliser des observations en orbite, ramener des échantillons de la surface de Phobos et y déposer un rover franco-allemand, Idefix®.

La mission effectuera un voyage aller-retour en 5 ans, avec un retour sur Terre des échantillons de Phobos prévu en juillet 2031. La sonde arrivera dans le système de Mars en août 2027. Elle restera trois ans sur des orbites quasi-satellitaires (QSO) autour de Phobos à différentes altitudes pour sélectionner les sites d’échantillonnage et d’atterrissage.






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